CI-DESSOUS / CI-DESSUS – KALTBLUT Magazine

Une exclusivité KALTBLUT. Photographie de Janne Teuschel. Le modèle est Alyssa Wilhelms. Maquillage par Jana Uellendahl. Mode par Joséphine Chenoa Traxel. Cils de Fabienne Piqu. Cet éditorial réinvente le récit de La Petite Sirène à travers le prisme du pouvoir, de la transformation et de la récupération. S’inspirant visuellement et conceptuellement de la sorcière des mers, l’histoire la fait passer du rôle de méchante à un symbole d’autonomie, de présence physique et d’identité sans vergogne.

Situé dans le vide absolu d’une piscine drainée, le récit commence avec le modèle qui s’attarde, pressé contre ses parois – déplacé, contenu et dépouillé de son élément naturel. La piscine devient un océan creux, un espace où le contrôle s’impose et où le pouvoir est momentanément suspendu.

Au fur et à mesure que l’histoire se déroule, le personnage commence à remettre en question ce qui est au-dessus et à grimper. Cet acte marque un tournant : un moment de transformation autodirigée. L’émergence de jambes visibles fait référence à l’échange emblématique du corps et de la voix dans le conte original, mais ici, la transformation n’est pas un sacrifice, mais une récupération consciente. Le corps n’est plus un lieu de perte, mais d’action.

En atteignant la surface, l’environnement se transforme lentement en un paysage brillant d’argent chromé. Artificiel, réfléchi et détaché, ce monde représente une réalité construite qui valorise la surface plutôt que la profondeur. En son sein, la sorcière apparaît à la fois conflictuelle et déplacée, mi-couchée, mi-assise, remettant en question les normes de cet environnement et affirmant une présence qui résiste à l’assimilation.

Mais le récit ne s’arrête pas à la surface. Le personnage revient à la piscine, mais transformé. N’étant plus confinée à ses bords, elle se tient centrée, ancrée et en contrôle. L’espace qui la contenait autrefois lui appartient désormais entièrement. Ce qui était autrefois vide devient territoire.

À travers des formes sculpturales, des volumes fluides et une esthétique sombre et imposante, le style canalise la sorcière des mers non pas comme un personnage, mais comme une attitude qui embrasse l’excès, la force et le rejet des récits imposés. Les manches flottent dans l’espace comme si elles étaient remplies d’eau, comme des tentacules et les cils élargissent et aliènent également les yeux.

L’éditorial « BELOW / ABOVE » raconte finalement une histoire de déplacement et de retour, de transformation sans perte et de reconquête du corps et de l’espace. Il ne s’agit pas de devenir autre chose, mais de s’approprier ce qui a toujours été là.

photographié par Janne Teuschel / instagram : @janneegal
modèle : Alyssa Wilhelms / instagram : @lyssaxmochi
maquillage par Jana Uellendahl / instagram : @jana.uel
lashes by Fabienne Piqueras / instagram: @fabienne.pqrs
mode par Joséphine Chenoa Traxel / instagram : @josephinechenoa

“Je m’appelle Janne Teuschel, une photographe allemande de 23 ans qui travaille avec les gens, la tension et l’espace entre les deux. Je suis attirée par les contrastes – doux et durs, présence et absence – et la friction silencieuse qu’ils créent au sein d’une image. Je ne m’intéresse pas à la perfection, mais aux images qui contiennent un certain malaise – quelque chose qui persiste, s’interroge et reste. “

Credit Post By: Marcel Schlutt

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